Le permafrost : la boite de Pandore des temps modernes?

03/04/20

Stay Inside, Stay Inspired #2 Nous vivons à une époque d'expansion humaine et industrielle constante. Ces activités libèrent des gaz et des émissions qui entraînent un changement de notre climat. L'une des conséquences du changement climatique est la fonte du permafrost. Certains scientifiques ont émis l'hypothèse que la fonte du permafrost, associée à l'exploration humaine de ces zones, pourrait entraîner l'apparition de virus potentiellement pathogènes, semblables au COVID19, au cours des prochaines décennies. Pendant que nous sommes tous chez nous, profitons de cette occasion pour en apprendre davantage sur l'impact de l'activité humaine sur le permafrost et sur les conséquences de sa lente fonte.

Le permafrost fond avec 80 ans d’avance

Le permafrost, appelé pergélisol en français, est défini comme une couche de terre, de roche ou de sédiments dont la température reste inférieure à 0°C pendant au moins deux années consécutives. Ces couches couvrent environ un cinquième de la surface terrestre. Le permafrost se situe principalement en Alaska, en Sibérie, au Groenland et au Canada. Cependant, depuis quelques années, le pergélisol dégèle, alors que les modèles climatiques du GIEC ne le prévoyaient pas avant 2090. La cause majeure de cette fonte est, une nouvelle fois, le changement climatique. L’ampleur est telle que si cela continue, les scientifiques estiment que l’ensemble du permafrost aura disparu en 2100.  

Bon pour l’économie de certains pays …beaucoup moins pour le climat

Le dégel du permafrost rend mobilisable la matière organique qui était piégée depuis des milliers d’années. Cette même matière peut alors être dégazée sous forme de dioxyde de carbone ou de méthane. Certains pays comme la Russie voient ainsi la fonte du permafrost comme une nouvelle opportunité économique, grâce à l’exploitation industrielle de cette région, également riche en métaux précieux comme l’or ou les diamants.  

Cependant, la fonte du permafrost entraîne la création d’un cercle vicieux. D’abord, le dégazage des matières organiques crée davantage d’émissions de gaz à effet de serre. Ensuite, le pergélisol ne renferme pas moins de 1 700 milliards de tonnes de carbone, deux fois plus que dans l’atmosphère. Dès lors, la libération de ces gaz, dû au réchauffement climatique, accentue ce même réchauffement climatique. 


Des conséquences encore peu connues sur la santé de la population mondiale

Le permafrost se révèle être une véritable boite de pandore car il peut renfermer aussi bien de la richesse que des bactéries mortelles non connues. Sa fonte risque d’entraîner la réapparition d’organismes gelés depuis la dernière période glaciaire, il y a 12 000 ans. Le risque de résurgence de virus potentiellement pathogènes dans les régions arctiques est réel, et est déjà apparu. En effet, quatre megavirus ancestraux ont été découverts dans des échantillons de permafrost fondu. En 2016, en Sibérie, des spores d’anthrax vieilles de 70 ans se sont libérées du cadavre d’un renne, après le dégel d’une couche de permafrost. Cela a entraîné la mort d’un enfant et a infecté des milliers de rennes. Enfin, le problème majeur demeure que ces premiers virus libérés, à cause du réchauffement climatique, sont pour l’instant ceux présents dans les couches superficielles du permafrost. Ces virus sont donc les plus récents et connus de la médecine moderne.  

Comment ralentir voire arrêter sa fonte ?

Pour ralentir, voire arrêter, la fonte du permafrost, chacun peut veiller à réduire ses émissions de gaz à effets de serre. Cela passe par une diminution de sa consommation ou encore par une régulation de ses déplacements, quotidiens comme pour les vacances. L’activité industrielle devra également, dans les années à venir, être revue à la baisse.  

Enfin, ce sont les chevaux qui pourraient s’avérer être les gardiens du permafrost. C’est que révèle l’étude très sérieuse publiée dans Scientific Reports. Elle suggère que le pâturage hivernal et les déplacements de ces animaux compacteraient suffisamment la neige pour diminuer les transferts de chaleur avec le sol. Cela réduirait de 80 % les émissions de carbone dues au dégel du pergélisol, une diminution non négligeable !  


La fonte du permafrost, sol normalement gelé en continu, soulève également la question de la fonte de ceux qui le sont moins comme la banquise et la glace terrestre. Une autre conséquence majeure de la fonte de ces espaces risque d’être la montée des eaux comme expliqué dans un précédent article. Pour mieux comprendre la montée du niveau de l’océan, Surfrider Europe vous invite à (re)découvrir la série Climax.

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