Le confinement : une pause bénéfique pour la planète ?

27/03/20

Stay Inside, Stay Inspired #1 Pour faire face au Covid-19, de plus en plus de pays dans le monde font le choix de se confiner pour enrayer la circulation croissante du virus. Le confinement est d’abord pensé pour préserver la santé des êtres humains. Mais au regard des premières observations, il semblerait que cette mesure ait des effets insoupçonnés sur notre environnement. 

En Chine : réduction considérable des émissions de gaz à effet de serre 

L’arrêt d’une partie de l’activité économique dans le centre de la Chine (pour contenir la propagation du virus) a des conséquences significatives sur les concentrations en polluants comme le dioxyde d’azote et les particules fines dans une grande partie du pays.  

Le dioxyde d’azote est un polluant caractéristique du trafic automobile et marin. Il est également émis par les centrales électriques et les installations industrielles. Depuis le 23 janvier, les autorités chinoises ont fermé les liaisons de transport à destination et en provenance de Wuhan, ainsi que les entreprises locales, instaurant la plus importante mise en quarantaine de l’histoire. Les populations comme les activités économiques sont à l’arrêt, entraînant ainsi une baisse des concentrations en dioxyde d’azote. Sur la période du 3 février au 1er mars, la pandémie aurait entraîné une réduction de 200 millions de tonnes des rejets de CO2 du pays. 

Le confinement semble donc avoir du bon puisque les émissions de ces différents polluants contribuent à l’augmentation du changement climatique. On peut dès lors imaginer que leur maintien, à un niveau similaire à celui observé actuellement pendant la quarantaine, pourrait ainsi avoir des effets positifs durables sur la planète. Néanmoins, il convient de préciser qu’il ne faudra pas appliquer les mêmes mesures pour le climat que celles établies pour endiguer le Covid-19. Il faudra “seulement” être prêt à accepter de moins consommer, de moins partir en vacances ou partir moins loin ou encore de choisir des moyens de transports moins de polluants. Autant de changements de comportements dirigés en faveur du climat.  


En Italie, à Venise : amélioration nette de la qualité de l’eau

L’Italie aussi, depuis son confinement total entamé au début du mois de mars, observe une baisse de la pollution atmosphérique et de la concentration de dioxyde d’azote. Le cas de Venise, plus précisément, est également intéressant puisque la ville observe depuis quelques jours une amélioration nette de la qualité de ses canaux et de sa lagune. Ainsi en quelques jours seulement, la nature reprend ses droits et peut donner de l’espoir à l’humanité en donnant envie à chacun de faire un effort pour la protéger durablement. L’arrêt de l’activité touristique a même redonné aux lagunes leur qualité de la période de l’après-guerre, quand il était encore possible de se baigner dans les canaux. Une fois le virus et le confinement passés, se posera alors surement la question plus en profondeur des effets d’une ville moins obstruée et polluée. 


Des résultats à court terme pour un problème nécessitant un changement des mentalités sur le long terme

Il est important de comprendre que les améliorations climatiques auxquelles nous assistons actuellement sont temporaires. Des restrictions de cette ampleur sont insoutenables à long terme et ne doivent pas être considérées comme le seul moyen de rétablir un climat sain. Ce dont la population humaine bénéficierait serait de reconnaître l'amélioration rapide de l'environnement créée par un ralentissement mondial. Les tendances actuelles devraient indiquer aux décideurs politiques que si des mesures ambitieuses sont appliquées pour réduire les excès de production, de consommation et d'activité industrielle, il existe un potentiel évident d'obtenir des effets durables. Comme l'a déclaré François Gemenne, spécialiste de l'environnement géopolitique et directeur de l'Observatoire Hugo, "Le climat a besoin d'une diminution soutenue et régulière des émissions de gaz à effet de serre, et non d'une nouvelle année". Si nous nous engageons à réduire nos empreintes individuelles, la planète nous dit qu'il est encore temps d'inverser la tendance.  



En tant qu'amoureux de l'océan confinés dans nos maisons, nous rêvons de soleil chaud, d'air frais et de profiter d'eaux cristallines. Maintenant, au moins pour un moment, alors que les habitants de la Terre sont immobiles, c'est au tour de la planète de récolter les bénéfices environnementaux involontaires créés par cette pandémie. À l'avenir, lorsque celle-ci aura été vaincue, il sera de notre devoir à tous de veiller sur la planète et de lui permettre de respirer .  




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