Ce qui nous attend pour la fin du siècle si l’on ne fait rien maintenant

20/03/20

Inondations, élévation du niveau de la mer, épisodes climatiques de plus en plus violents ou encore feux de forêt : telles sont les projections de différentes études pour la fin du siècle dans le monde. Le monde et son climat changent, certains espaces et espèces sont menacés de disparition, nous devons donc inverser la tendance avant que les effets soient irréversibles.  

L’océan : un marchand de sable bientôt en rupture de stock ? 

D'ici à 2100, le littoral pourrait reculer en moyenne dans le monde de 35 à 240 mètres dans un scénario d’émissions élevés. Ainsi, selon une étude publiée dans Nature Climate Change en mars 2020, c’est près de la moitié des plages de sable qui est menacée de disparition sous l’effet de l’érosion et de la montée du niveau de la mer.  

Le sable est une des composantes clés de nombreux produits comme le verre, la peinture, la carte bancaire, l’ordinateur, la cosmétique ou le caoutchouc. Le secteur le plus demandeur est celui de la construction, notamment pour le béton armé. En effet, il faut environ 200 tonnes de sable pour la construction d’une maison de taille moyenne et 30 000 tonnes pour réaliser un kilomètre d’autoroute. L’exploitation de cette ressource, non durable, s’est développée de façon exponentielle depuis les années 1970. Chaque jour, ce sont entre 4 000 et 400 000 m3 de sable qui sont extraits des fonds marins par des navires de drague. 

Pourtant, ces prélèvements de sable aggravent localement un épuisement naturel des stocks sédimentaires hérités de la dernière période glaciaire. Non seulement cette activité accentue l’érosion, mais elle déséquilibre également les écosystèmes marins, notamment les récifs coralliens et les poissons. Enfin, le sable n’est pas une ressource durable, les actions pour le prélever mettent donc en péril son existence même.  


Des changements climatiques de plus en plus importants 

Les changements climatiques futurs devraient fortement impacter les littoraux, c’est ce que rappelle l’Agence Européenne de l’Environnement à travers sa nouvelle projection publiée en février 2020. Les cartes, évolutives, montrent les zones et les populations menacées par l’élévation du niveau de la mer en Europe d’ici la fin du XXIe siècle. L’Agence s’appuie notamment sur les scénarios de hausse du niveau de la mer exposés dans le dernier rapport du GIEC

Les littoraux ne sont pas les seuls à être menacés par les changements climatiques, c’est ce que montre une étude du ministère français de la transition écologique publiée en janvier 2020. Inondations, élévation du niveau de la mer, épisodes atmosphériques violents et feux de forêts sont autant de risques possibles, variant selon les régions en nature et en intensité.  

Dans le monde, le changement climatique affecterait l’alimentation de 90% de la population mondiale d’ici 2100 en raison du réchauffement des sols et des océans, des variations de régimes de précipitation ou des conditions d’approvisionnement en eau douce.  

Les littoraux ne sont pas les seuls à être menacés par les changements climatiques

Une atténuation modérée des émissions de GES pourrait empêcher de 40 % le recul du littoral, mais aussi réduire le réchauffement de l’atmosphère et ainsi diminuer la violence des épisodes climatiques.  

Le gouvernement français s’est engagé à passer de 450 millions de tonne d’émissions de gaz à effet de serre (prévisions pour 2020), à 80 millions de tonnes d’ici 2050. Il existe déjà le jour du dépassement, date à laquelle l’humanité a consommé l’ensemble des ressources que la Terre peut régénérer en un an, le 29 juillet l’année dernière. Désormais, il y a aussi le jour du dérèglement. Le jeudi 5 mars, en à peine plus de deux mois, la France aura émis tous les gaz à effet de serre qu’elle pourrait rejeter en une année si elle respectait l’objectif de neutralité carbone qu’elle s’est fixée.    

A titre individuel, des alternatives écologiques existent pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre ou diminuer sa consommation de sable. A ce sujet, des alternatives au béton armé sont possible à l’image du béton d’argile, de bois ou de chanvre.   

Réduire sa consommation, sa production et ses émissions de gaz à effet de serre : telles sont les actions que chacun peut mener au quotidien à travers un changement simple de ses habitudes. Néanmoins, le plus gros du travail doit être mené par les instances décisionnelles et les entreprises.  

Articles similaires

27/03/20

Le confinement : une pause bénéfique pour la planète ?

lire l'article
24/03/20

Faire son service civique à Surfrider Europe

Inside #8 Filippa est en service civique au sein du programme Initiatives Océanes de Surfrider Europe. E...

lire l'article

nos valeurs

PASSION

La passion des océans, du littoral et des plaisirs qu’ils procurent anime toute personne qui porte Surfrider et guide l’action de l’organisation.

PARTAGE

Surfrider s’ancre dans la valeur du partage et de la participation par l’inclusion et la diversité.

RESPECT

Surfrider recherche une relation harmonieuse entre l’humain et la nature.