Breaking news : découverte d’une nouvelle forme de vie sur les microplastiques

02/03/21

Le mois dernier, se tenait le deuxième colloque annuel du Groupement de recherche scientifique Polymères & Océans. Créé en 2019 sous la direction du CNRS, en partenariat avec l’Ifremer et l’ANSES, il rassemble 215 chercheurs issus de 45 laboratoires francophones différents. Se donnant pour but d’étudier, de manière complète et pluridisciplinaire, le devenir et les impacts des matières plastiques en milieu aquatique, ses membres viennent de présenter leurs derniers résultats, s’attardant particulièrement sur la découverte d’une certaine plastisphère


Découverte d’une nouvelle forme de vie sur les déchets plastiques


Si les impacts néfastes des macroplastiques sur les écosystèmes marins ne sont plus à prouver, les conséquences de la présence de déchets aquatiques plus petits – micro et nanoplastiques - commencent seulement à être étudiées et expliquées. C'est d'ailleurs sur cet aspect qu'ont décidé de se concentrer les chercheurs du Groupement Polymères & Océans.  



Parmi leurs découvertes exposées lors de ce dernier colloque, les scientifiques rendent compte, notamment, du développement d’une vie microbienne sur la surface des micro et nanoplastiques. Composés d'une grande variété de produits chimiques, ces derniers semblent constituer, en effet, un habitat idéal pour de nouveaux champignons, bactéries, virus, invertébrés... Plus d'un millier d'espèces aurait ainsi déjà été identifié sur les microplastiques flottant dans le Pacifique et l’Atlantique. Leur grande variété et leur rapide prolifération a même conduit les experts à baptiser cet ensemble de micro-organismes sous le nom de “plastisphère”, à l’instar de la biosphère désignant le vivant à la surface de la Terre.  


Les déchets plastiques : des radeaux pour les micro-organismes


Au-delà d’être multiples, ces espèces s'étendent rapidement, aux quatre coins du globe. Ne se dégradant pas, les déchets plastiques circulent sur de longues distances, au gré des courants océaniques, se convertissant, en effet, en de véritables radeaux pour les bactéries et autres virus, et favorisant ainsi leur dissémination et leur développement partout dans le monde. A titre d’exemple, plus de 200 espèces invertébrées ont été transportées des côtes japonaises jusqu’aux côtes ouest américaines, suite au tsunami de 2011. Cependant, en se déplaçant vers des lieux étrangers de leur région d’origine, ces micro-organismes envahissants sont susceptibles de perturber les fragiles équilibres écosystémiques.   

 

Des espèces invasives impactant tous les écosystèmes


Toxiques par leur présence physique et les additifs qu’ils contiennent, la dangerosité des microplastiques est, en effet, accrue par les micro-organismes qu'ils concentrent et transportent dans tout l’océan : s’il est prouvé que certaines bactéries empoisonnent les mammifères marins en s’attaquant à leur système digestif, les scientifiques s'interrogent, par exemple, de plus en plus sur les liens entre des maladies de coraux et la présence de plastisphère dans l’océan.  


Le pire ? Plus ils sont petits, plus la dangerosité des déchets plastiques est grande. Alors même qu’ils sont encore mal mesurés et sous-estimés, la taille des micro et nanoplastiques facilite, effectivement, leur passage à travers les barrières organiques et la diffusion, n’importe où, des bactéries invasives qu’ils peuvent porter.  

 

Des conséquences sur notre santé ?  


Face à ces constatations, une question reste en suspens : si les écosystèmes et mammifères marins sont aussi durement touchés par la plastisphère, qu’en est-il de son impact sur la santé humaine ? Nous en sommes exposés par la consommation de produits de la mer et d'eau en bouteille et il est déjà prouvé que certaines des bactéries la composant entraînent des maladies chez l’homme, à l’instar du choléra et des troubles gastro-intestinaux. Pourtant, les recherches quant à sa toxicité pour la santé humaine n’en sont qu’à leurs débuts et de futures mauvaises découvertes sont à craindre si nous n’agissons pas maintenant pour protéger l’océan des déchets plastiques.


Synthèse du GDR

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