Préserver l'eau avec Ocean Friendly Gardens

23/08/22

Entre canicules, sécheresses, incendies et inondations, ces dernières semaines l’Europe a subi de plein fouet ces évènements climatiques extrêmes. Alors qu’ils sont amenés à s’intensifier avec le changement climatique, quelles solutions s’offrent à nous pour en atténuer les effets ? 

De sécheresse à inondation il n’y a qu’un pas 

Des rivières qui se transforment en minces filets d’eau, des terres qui se craquèlent et des pénuries d’eau, sont tant de conséquences de la sécheresse qui a frappé les pays d’Europe cet été. Les derniers travaux du GIEC sont clairs : 

« Le changement climatique d’origine humaine affecte déjà de nombreux phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes dans toutes les régions du monde. » 

Puis la sécheresse laisse place à la pluie. Malheureusement, avec un sol sec donc beaucoup moins perméable et poreux, l’eau ne peut s’infiltrer correctement et cause des inondations. Se dessine un lien de corrélation entre sécheresse et inondation, l’un amenant l’autre, qui nous plonge dans une spirale d’évènement climatiques extrêmes. Ce ruissellement de l’eau peut avoir de nombreux impacts, puisque cette eau qui ne pénètre pas dans le sol va se charger de nombreux polluants, encore plus en zone urbanisée. Les stations d’épurations qui accueillent les eaux pluviales et les eaux usées sont alors plus facilement saturées.  

Les eaux de pluie représentent à elles seules environ la moitié de l’eau arrivant dans les stations d’épuration en Europe : en 2021, sur 23 Mm3 d’eau arrivant à la station, 12 Mm3 étaient des eaux de pluie.  

Le problème : si trop d’eau afflue en même temps, elle ne peut pas être traitée correctement, cela entraine donc le rejet des eaux non traitées directement dans l’Océan et les milieux aquatiques.  

Il est donc nécessaire de questionner notre gestion de l’eau : réfléchir à un aménagement urbain plus durable, accorder une place plus importante à la végétalisation des villes etc.  


Des jardins urbains pour un environnement plus sain 

Pour une meilleure gestion de l’eau nous avons décidé chez Surfrider de construire un Ocean Friendly Garden aussi appelé un jardin de pluie. L’idée : considérer la parcelle comme un petit bassin versant et capter l’eau au plus près de son point de chute pour la récupérer, l’économiser, l’infiltrer ou encore l’épurer. Ainsi en prenant en considération les contraintes de l’espace différentes techniques paysagères ont été employées : 

 La désimperméabilisation  

En temps normal, si la nature du sol le permet, une grande partie des eaux de pluie s’infiltrent dans la terre, permettant ainsi non seulement d’alimenter les nappes d’eau souterraines mais également de servir de réserve en eau pour la végétation. Désimperméabiliser un sol contribue à retrouver un cycle de l’eau qui se régule mieux. Il faut que le sol soit poreux et perméable, autrement dit qu’il laisse passer les liquides par de petits trous invisibles à l’œil nu.  

Au siège de Surfrider 300 m3 ont été dés-imperméabilisés. Un revêtement de sol poreux perméable a remplacé l’épaisse couche de béton. Des tranchées drainantes appelées « noues » ont été creusées aux limites du jardin en guise de renfort et de premier système d’irrigation.  

La re-végétalisation   

Il était important de planter bon nombre d’arbres, arbustes et plantes dans le jardin. Cela permet de favoriser l’infiltration de l’eau dans les sols. Les végétaux jouent également un rôle important de filtration des impuretés présentes dans les eaux de pluie ainsi que d’amélioration de la qualité de l’air par leur photosynthèse qui transforme le CO2 en O2 respirable.  

La présence de tels jardins permet également de rafraîchir l’espace en formant de réels ilots de fraicheur. Un sol végétalisé est également plus résistant à l’érosion hydrique lors de fortes pluies en opposition à un sol nu.   

Le stockage de l’eau de pluie 

Afin de réutiliser l’eau de pluie et d’économiser l’eau potable, une citerne de 18 m3 de volume a été installée dans le jardin. Cette dernière est alimentée par 2 cuves reliées à des tuyaux sous-terrains où circule l’eau des gouttières installées sur le toit. Ce réseau d’eau permet de collecter de l’eau utilisable pour des tâches ne nécessitant pas d’eau potable, tout en limitant toujours le volume d’eau ruisselant jusqu’aux océans. 


Les bénéfices d’un tel projet à l’échelle de SFE et du citoyen 

Aux avantages environnementaux explicités précédemment, s’ajoutent des avantages économiques et sociaux. Prenons par exemple le siège de SFE à Biarritz :  

En 2020, ce sont 1721mm soit 1,721 m3 de pluies qui sont tombées sur les sols biarrots, contre 1274mm en 2021, soit 1,274 m3. On sait que le prix du m3 d'eaux usées dans au pays basque est de 2,38€. Avec un toit captant l’eau chez Surfrider de 200 m2 et une parcelle désimperméabilisée de 250 m2, les économies pour les deux années auraient théoriquement été les suivantes : 

- en 2020, une économie de : 450m² x 1,721 x 2,38 = 1842€  

- en 2021, une économie de : 450m² x 1,274 x 2,38 = 1363€ 

Toutefois, il faut garder en tête qu’un tel système met en moyenne 1 an à se stabiliser. Durant la première année, les sols ne seront pas suffisamment gorgés d’eau pour que les plantes puissent puiser dans ces réserves pour s’hydrater. Il faudra donc rester attentif aux besoins du jardin et arroser lorsque nécessaire durant la première année. Pour utiliser un minimum d’eau potable durant cette première année, une mare hors du sol a été construite chez Surfrider. En plus d’abriter des espèces végétales aquatiques et des poissons colorés, la mare permet d’avoir une eau de pluie à porter de main pour remplir les arrosoirs. 

Si vous disposez d’un jardin, il est possible de créer votre propre Ocean Friendly Garden en respectant ces trois principes clés au maximum :  

Désimperméabiliser : rendre perméable le sol et les surfaces pour permettre à l’eau de pluie de ralentir puis de s’infiltrer. 

Capter : conserver l’eau, l’énergie et l’habitat naturel. 

Restituer : prévenir les pénuries d’eau lors des sécheresses en utilisant l’eau collectée pour prendre soin de son jardin. 

Si vous disposez d’un balcon ou d’une surface trop petite pour ce genre d’aménagement, il est possible d’acheter des petites citernes qui vous permettront de recueillir l’eau de pluie pour éviter d’arroser vos plantes avec de l’eau potable et réduire une fois de plus la part d’eau ruisselante. Vous pouvez également vous rapprocher de votre municipalité pour proposer un projet de désimperméabilisation près de chez vous. Il est temps de redonner sa place aux espaces verts pour préserver nos ressources en eau.  

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