OSPARITO : même les enfants peuvent agir pour l’Océan

16/12/20

Qui a dit qu’on devait être adulte pour agir et protéger l’Océan ? Dans le cadre des Aires Marines Éducatives (AME) coordonnées par l’Office Français de la Biodiversité (OFB), Surfrider Europe a imaginé une nouvelle méthode permettant aux plus jeunes de participer à la lutte contre les déchets marins. Aujourd’hui, plusieurs classes de primaire ont déjà pris part à cette démarche scientifique et développé leurs connaissances dans ce grand processus de science participative.  


Une collaboration avec l’OFB  


En 2016, l’OFB met en place en métropole les Aires Marines Éducatives (AME), ces petites zones littorales gérées par des élèves et leur enseignant. Ces parcelles de plage, nées de l’imagination d’un groupe d’élèves d’une école primaire aux Marquises, ont pour but de sensibiliser les plus jeunes à la protection du milieu marin et d’en découvrir les acteurs.  

C’est au sein des Aires Marines Éducatives que naît le projet OSPARITO, pour accompagner les élèves des classes de primaire dans la gestion de leur zone de plage en les sensibilisant à la problématique des déchets. L’idée : permettre aux plus jeunes de participer à une vraie démarche scientifique, développer leurs connaissances sur l’environnement marin et sa protection, tout en enrichissant l’expertise de Surfrider Europe et son travail de lobbying pour lutter contre les déchets.  


Une démarche scientifique dans un imaginaire policier 


Le processus est plutôt simple. Dans les classes de primaire disposant d’une Aire Marine Éducative, les élèves procèdent en début d’année à un « Conseil de la Mer » avec leur enseignant pour choisir la thématique qu’ils souhaitent aborder. S’ils font le choix des déchets marins, alors Surfrider Europe met en place avec eux le protocole OSPARITO.  




Dans l’univers d’une enquête policière, les élèves ont un premier objectif : ramasser les preuves de pollution de leur AME. Ainsi, leur zone de plage est passée au peigne fin pour ne rien laisser passer. Dans la seconde étape, la « police des déchets » procède à l’analyse des preuves : un premier classement des déchets ramassés en une trentaine de catégories. De retour en classe, dans le « laboratoire d’analyse des preuves », un second classement répartit cette fois les déchets en 230 catégories, une manière ludique d’alimenter la progression scolaire avec des exercices de calcul mental. Enfin, une fois la phase de tri réalisée, la « brigade anti-pollution » échange à propos des données récoltées : d’où viennent ces déchets ? Que peut-on faire pour les réduire ?  

Afin de garantir la valeur scientifique du travail, le suivi de la pollution par les déchets sur l’AME est réalisé plusieurs fois dans l’année, par la même classe. Ceci permet de voir et de comprendre l’évolution des déchets retrouvés suivant les saisons et en fonction des nouvelles directives adoptées dans le cadre de la lutte contre la pollution.  


Des données qui comptent 


OSPARITO est un réel atout pour les classes qui s’engagent, permettant d’inclure les enfants dans une vraie démarche scientifique et de valoriser leur action : eux-aussi, au même titre que n’importe quel adulte, peuvent participer à la protection de l’Océan. Le simple nettoyage d’une plage n’étant pas suffisant, le fait de participer à la quantification et à la réflexion qui suit la collecte des déchets permet à des jeunes élèves de prendre part au changement et à la construction de leur monde de demain. 




En effet, toutes ces données récoltées sont collectées par l’association et vont contribuer à améliorer la connaissance scientifique en s’inscrivant dans la directive-cadre stratégie pour le milieu marin. Ainsi, Surfrider Europe et d’autres associations et scientifiques, en mettant ces données en commun avec celles d’autres projets, pourront continuer leur travail contre la pollution par les déchets et fournir des preuves de celle-ci aux décideurs publics, permettant d’appuyer leurs revendications.  


À ce jour, le protocole OSPARITO a été testé par des élèves d’une école à Étel, en Bretagne ainsi que par des classes d’une école de Saint-Jean-de-Luz, sur la Côte Basque. Dans le futur, l’association espère développer ce projet à d’autres Aires Marines Éducatives en Europe. Une preuve que tous, même les plus jeunes, nous pouvons être acteurs du changement et donner un coup de main pour l’Océan.  

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