Bien choisir sa crème solaire : comment protéger notre peau et l’Océan ?

30/05/22

Les beaux jours sont de retour et les vacances approchent à grands pas, l’un des premiers réflexes est de dégainer sa crème solaire pour lézarder au soleil. Mais avant de vous badigeonner pour vous protéger des UV, nous avons rassemblé pour vous les bonnes informations à savoir quand on parle d’écran total. Des experts nous livrent leurs savoir pour tout comprendre (ou presque) sur les crèmes solaires. 

Comprendre les crèmes solaires

Chaque année, ce seraient 25 000 tonnes de produits solaires qui se rependraient dans l’Océan. En contact direct avec le milieu marin, les conséquences peuvent être désastreuses. Certains composants, remis en causes pour leur toxicité sur les organismes aquatiques mais aussi pour leurs impacts sur la santé des usagers, sont pourtant toujours présents dans bon nombre de crèmes solaires.

En Europe, les protections solaires sont considérées comme des produits cosmétiques, contrairement à d’autres pays comme les Etats-Unis ou l’Australie qui les soumettent aux mêmes réglementations que les médicaments.

Ainsi, elles doivent se conformer à plusieurs critères et tests qui concernent le SPF (Sun Protection Factor), la résistance à l’eau, ou le Large Spectre (l’ampleur de la protection), tout cela permettant d’encadrer les allégations sur les packagings des crèmes solaires. En revanche, rien d’obligatoire concernant l’impact sur le milieu marin. Pourtant l’impact de certains ingrédients sur l’environnement est déjà prouvé.


Quels impacts sur la biodiversité marine ?

Les crèmes solaires ont des impacts directs et indirects sur la faune et la flore marine. On pense souvent aux coraux qui en subissent le plus visiblement les conséquences, mais beaucoup d’autres organismes comme les anémones ou la posidonie, que l’on retrouve près des côtes européennes, sont aussi touchés. Les filtres UV vont directement impacter la croissance, la reproduction et la mortalité des certaines espèces, menant indirectement à leur disparition et au bouleversement de l’équilibre d’écosystèmes entiers.

Cette pollution chimique ne concerne pas uniquement les zones tropicales ou fortement touristiques. En revanche, la concentration de filtres UV va augmenter et être davantage nocive. En effet, à travers le monde on peut constater l’augmentation des achats de protections solaires, c’est pourquoi la concentration des filtres UV va être amenée à augmenter dans les milieux aquatiques, ce qui va logiquement augmenter les impacts de ces produits. D’autant plus que les impacts des crèmes solaires sur l’Océan ne se cantonnent pas qu’à la plage.

« Nous avons découvert que les eaux usées sont la source la plus importante de pollution liée aux crèmes solaires dans les régions côtières à travers le monde. » - Craig Downs, Docteur en Biologie moléculaire et cellulaire

Les stations d’épurations ne sont pas en capacité d’isoler et de traiter les composants des certaines crèmes solaires qui sont ou peuvent être dangereux pour l’Océan et notre santé. C’est pourquoi il est important d’être vigilant à la composition que l’on retrouve à l’arrière des produits, aussi appelée liste INCI.




Filtre minéral ou filtre chimique, que choisir ?

Il existe deux grandes familles de produits solaires, d’un côté les filtres chimiques et de l’autre les filtres minéraux. Les filtres chimiques sont issus de la pétrochimie, c’est-à-dire qu’ils sont fabriqués à partir de pétrole ou de gaz naturel avant d’être transformés. Également connus sous le terme de filtres organiques, ils sont 30 filtres UV chimiques à être autorisés au sein des compositions des produits solaires par la Commission européenne.

Les filtres minéraux quant à eux ne sont que 2 (l’oxyde de zinc et le dioxyde de titane, sous forme ou non de nanoparticules) à figurer dans la réglementation européenne sur les produits cosmétiques. Ils sont les seuls à être autorisés au sein des produits labellisés Bio. Composés de particules minérales ils vont avoir un effet miroir face aux rayonnements UV là où les filtres chimiques vont absorber les UV à la place de la peau.

Chacune des catégories de filtres présente toutefois des inconvénients. Comme ils sont en contact direct avec notre peau et l’environnement marin, il est nécessaire de redoubler de vigilance. L’éco toxicité des produits solaires est régulièrement pointée du doigt lorsque l’on parle des dangers qu’ils représentent. Les tests d’écotoxicité permettent de vérifier la sécurité d’un produit avant sa mise sur le marché, toutefois ils ne sont aujourd’hui pas obligatoires et - onéreux.

Les réglementations sur les crèmes solaires doivent évoluer pour en limiter les impacts. Leur conception doit être repensée pour assurer des produits non nocifs aussi bien pour notre santé que pour l’Océan.



Pour plus d’informations sur les impacts des crèmes solaires, inscrivez-vous à la conférence Surfrider : Behind UV Filters, le 16 juin de 18h à 20h sur le Campus de Surfrider et en ligne.



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