5 ans après l’Accord de Paris, le combat n’est pas fini

11/12/20

Le 12 décembre 2015, à la suite de la COP21, les pays Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) adoptaient un accord historique. Pour la première fois, le rôle des océans et de l’écosystème marin est reconnu dans les négociations climatiques. Cependant, 5 ans plus tard, les avancées et les perspectives ne sont pas à la hauteur des ambitions. La Plateforme Océan et Climat (POC) alerte, entre autres, sur l’urgence de l’adaptation à l’élévation du niveau de la mer.  


Objectif neutralité carbone en 2050, qu’en est-il ?  


L’année 2020 devait être une étape décisive pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris avec la révision à la hausse des engagements nationaux des États. Mais le bilan est alarmant. Les efforts restent largement insuffisants pour limiter le réchauffement à 1,5°C et atteindre la neutralité carbone en 2050.  

Des avancées stratégiques ont néanmoins pu être soulignées, comme l’intégration de l’Océan dans la Convention Climat lors de la COP25, la “COP Bleue”, à Madrid. Cependant, ces avancées, qui soulignent l’impérative préservation des écosystèmes marins, en vertu de leurs fonctions climatiques, n’auront de portée réelle que si l’on atteint les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre




Les annonces récentes de l’Union Européenne visant à réduire de 60% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, le retour attendu des États-Unis dans l’Accord de Paris et l’annonce de la Chine pour une neutralité carbone en 2060, font renaître l’espoir d’une nouvelle dynamique. Ils pourraient remobiliser la communauté internationale. 


Urgence de l’adaptation à l’élévation du niveau de la mer  


Faute d’une réduction drastique et rapide des émissions, le niveau de la mer va continuer de monter, et pourrait s’élever de près d’un mètre d’ici 2100 selon le GIEC. Les événements extrêmes liés à l’élévation de la mer qui se produisaient environ une fois par siècle pourraient se produire au moins une fois par an. Les littoraux sont évidemment les premières victimes. En France, 864 communes et 165 000 bâtiments seraient déjà menacés, selon le Ministère de la Transition écologique.  



© Tom Fisk - Pexels

L’adaptation rapide à cette problématique est donc aujourd’hui primordiale. La Plateforme Océan et Climat appelle pour cela à favoriser les solutions inspirées de la nature comme les zones humides, les mangroves ou les marais salants, des protections naturelles qu’il est vital de préserver et de restaurer.  

Mais avant tout, les membres de la POC appellent à développer la culture du risque. Il est aujourd’hui nécessaire d’informer et de sensibiliser les citoyens et les décideurs publics, mais surtout d’établir un dialogue entre tous les acteurs concernés afin de garantir les enjeux de chacun de la meilleure manière possible. C’est ainsi, qu’ensemble, nous pourrons faire face à ce risque devenu bien réel.  


Une communauté mobilisée  


La Plateforme Océan et Climat (POC) est née le 8 juin 2014 à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Océan. Elle regroupe aujourd’hui près de 100 membres qui se sont réunis avec la même volonté : remédier à l’absence de l’Océan dans les négociations climatiques. En effet, avant 2015, l’Océan n’apparaît dans aucun accord sur le climat, alors qu’il représente le principal poumon de la planète et se trouve au cœur de la machine climatique planétaire. 

Parmi les membres de la POC, une majorité d’associations, mais aussi des fondations, aquariums, musées, établissements de formation et de recherche, entreprises et organisations professionnelles, collectivités, service de l’état et organisations internationales. Ensemble, ils sont parvenus à intégrer l’Océan dans l’Accord de Paris, mais continuent de lutter meilleure compréhension et prise en compte, par les décideurs politiques et le grand public, des messages scientifiques sur les interactions entre Océan, climat et biodiversité.  


Malgré les avancées soulignées depuis 2015, 5 ans après l’Accord de Paris, le chemin à parcourir est encore long. Il est urgent de réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre et de renforcer l’adaptation des littoraux à l’élévation du niveau de la mer. Une nouvelle course contre la montre est lancée pour protéger les populations et les écosystèmes les plus vulnérables, dès la COP26. 

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