Mauvais temps pour la crème solaire

25/07/16

Chaque seconde dans le monde 8,8 litres de crème solaire se déversent dans les mers et océans du fait qu'environ 80 millions de touristes se rendent chaque année sur les plages. Zoom sur ce phénomène non sans conséquences pour notre santé et notre environnement. 






© MAXISCIENCES

Les dessous des écrans protecteurs

Les baignades ont pour conséquence la dilution de près de 25 000 tonnes de protection solaire dont plus de 5 000 tonnes sont absorbées directement par les espèces marines animales et végétales.


Les coraux


Une étude publiée en 2008 dans Environmental Health Perspectives et menée par une équipe de la Faculté des Sciences de l'Université Polytechnique des Marches à Ancône en Italie a démontré que certains ingrédients pouvaient tuer les coraux.


Une baignade après 20 minutes d'application répand près de 25% des composants chimiques dans les océans menaçant les coraux et les planctons essentiels à l'équilibre de l'écosystème marin et donc de notre survie. Ces pollutions des océans ont pour conséquence le fait que 10% des récifs soient en danger et que la moitié des coraux mondiaux soient menacés d'extinction d'ici 20 ans. Nous vous informions de l'état des coraux déjà ici.






© Surfrider foundation europe 

Les autres espèces marines


Bien qu'il n'y est pas à ce jour d'étude démontrant l'impact de la crème solaire sur les mammifères marins, il semble logique que les filtres huileux soient toxiques pour nos amis les poissons, dauphins, baleines et compagnie puisqu'ils en ingèrent de façon régulière. De la même façon, un composé chimique affecte directement la croissance du phytoplancton qui est l'aliment principal d'une multitude d'animaux marins, les mettant ainsi en danger d'extinction.

Les composants poisons

Les protections solaires peuvent être divisées en deux catégories, à savoir celles contenant des filtres chimiques et celles contenant des filtres minéraux.


Les crèmes avec composants chimiques ne sont pas biodégradables et peuvent irriter la peau, provoquer des allergies et détruisent nos écosystèmes marins. Par exemple, le cinnamate et le benzophénone (dérivé du camphre) qui ont pour rôle de filtrer les UV et le butyl paraben qui est un conservateur, détruisent une algue vitale au développement et à la survie du corail ce qui provoque le blanchissement puis la mort de ce dernier. Mais le ravage ne s'arrête pas là, les résidus chimiques auraient également un impact sur les planctons - ces micros algues à la base de nombreuses chaines alimentaires marines notamment des baleines.


Les crèmes avec filtres minéraux quant à elles ne pénètrent pas dans la peau, ne provoquent pas d'allergies et limitent les impacts sur les fonds océaniques. Ces crèmes dites "bio" font l'objet d'un cahier des charges strict et sont formulées sans composants chimiques, sans colorants, sans parabènes, sans parfum de synthèse et avec des filtres minéraux sans nanoparticules (qui asphyxie la faune et la flore marine au même titre que les micro-plastiques dont nous avions parlé dans cet article).





Australia - Queensland - Great Barrier Reef



Comment protéger à la fois notre peau, les océans et les coraux ?

Il est préférable de favoriser les crèmes solaires sans ingrédients issus de la pétrochimie et non nocifs pour l'environnement. Des surfeurs de plus en plus alarmés par l'état de nos océans ont mis sur le marché des produits solaires qui les respectent, il sera donc facile de s'en procurer.


Une autre solution est de réduire l'utilisation de la crème solaires en limitant l'exposition soit en se mettant à l'ombre, à l'abri sous un parasol ou en portant des chapeaux larges et vêtements couvrants. Et se baigner en t-shirt est une possibilité qui n'est pas réservée aux plus petits !







La crème solaire n'est donc pas un allié sans failles et représente un sérieux danger pour nos amis marins si on ne la sélectionne pas bien. Nos choix de consommateurs ont un impact considérable sur le monde qui nous entoure, c'est donc notre responsabilité de prendre les meilleures décisions. Maintenant que vous le savez, à vous la baignade sans danger !


Laura Anty, Rédactrice Environnement

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